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Le développement des activités de la Société CAIL

La Société CAIL au milieu des années 1860

Jean François CAIL, chef d’entreprise social, « le grand bourgeois »

La reconnaissance de ses pairs et des contemporains

1869-1871 : Les années tragiques

Le développement des activités de la Société CAIL

La société va profiter des 20 ans de transformation du pays et de la prospérité économique que connaît le Second Empire.

C’est d’une part le marché des usines centrales sucrières aux ANTILLES et d’autre part le boum du chemin de fer des années 50 relayé par les marchés à l’exportation des années 60.

Il en résulte une extension  de l’entreprise : la maison de BRUXELLES s’ouvre vers la RUSSIE, DENAIN essaime à DOUAI et VALENCIENNES, GRENELLE s’étend pour remplacer l’atelier du QUAI de BILLY détruit par un incendie dans la nuit du 15 au 16/12/1865.

Dans les années 1850, il se lance dans l’acquisition de domaines agricoles qui vont servir de vitrine pour promouvoir son matériel distillatoire et sucrier et les techniques modernes de culture.

Source : Ouvrage sur JF CAIL par JL THOMAS

La Société CAIL au milieu des années 1860

Implantée sur 4 continents, la Société CAIL est une multinationale avant la lettre.

L'usine de GRENELLE avec ses 2 000 employés est le plus grand établissement de PARIS. Il est un des lieux de visite des chefs d'état ou de gouvernement lors de leur passage à PARIS. 

JF CAIL va déposer plus de cinquante brevets. Il faut toujours être à la pointe de l’innovation technique si on veut survivre. Alors, il perfectionne sans cesse ses machines et ses appareils pour en améliorer les performances et en simplifier la maintenance et l’utilisation.

Sources : Ouvrage sur JF CAIL par JL THOMAS

La reconnaissance de ses pairs et des contemporains        

La qualité des produits CAIL est reconnue mondialement.

- Lors des expositions universelles, la Société obtient  la council medal of the Royal Commission for the Great Exhibition of 1851 à l’exposition de LONDRES de 1851, décroche la grande médaille d’honneur à celle de PARIS de 1855 pour « services exceptionnels rendus aux chemins de fer pour l’importance et la qualité de la fabrication de locomotives et à l’industrie du sucre pour la variété et la supériorité de ses appareils ». A la suite de l’exposition de LONDRES de 1862, JF CAIL est élevé au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur et l’exposition de PARIS de 1867 marque l’apothéose de sa carrière. Il y obtient une médaille d’or pour chacune de ses deux activités, sucrerie et locomotives et il triomphe à l’exposition annexe de l’agriculture pour ses outils, ses machines agricoles et l’aménagement de La Briche cité comme modèle.

- Par ses pairs qui font appel à sa Société, gage du perfectionnement technique,  pour concevoir leur prototype. Quel plus bel éloge que celui d’un contemporain écrivant qu’on peut à la rigueur faire aussi bien mais qu’il est impensable de pouvoir penser faire mieux.

- Par des souverains étrangers (belge, hollandais, égyptien) qui l’ont décoré pour services  rendus à leur économie.

Jean François CAIL, chef d’entreprise social, « le grand bourgeois »

La Société CAIL comptait en 1870 plus de 5 000 ouvriers dont près des 4/5ème sont des ouvriers qualifiés. Il a su s’adjoindre un personnel dévoué, compétent, capable de le seconder et qu’il a fidélisé par l’intéressement aux bénéfices. Il avait créé pour ses ouvriers une caisse d’aide mutuelle abondée par 1/11ème des bénéfices et construit des immeubles à loyer modéré entre la gare du Nord et la gare de l’Est. Il a légué à leur caisse de retraite la somme de 100 000 F (soit 300 000 € actuels).

De sa réussite professionnelle a découlé la réussite matérielle, la fréquentation des puissants comme le prince NAPOLÉON, le baron HAUSSMANN, les frères PEREIRE …

Il se fait construire boulevard MALESHERBES, un Hôtel particulier devenu la mairie du VIIIème arrondissement de PARIS. Il y vit entouré des siens. DUREAU, son biographe, disait de lui que c’était l’homme de la famille. Sa fille, née de son premier mariage occupe, avec son mari A. HALOT, le rez-de-chaussée. Les deux fils, Adolphe et Alfred, nés de son second mariage, sont au premier étage avec JF CAIL. Sa fille Louise Célinie, épouse HÉBERT, est au second étage. Lorsque, en 1869 ; Alfred convole avec Louise Emma Thérèse Aymé de la CHEVRELIÈRE, il part occuper un appartement dans l’immeuble de rapport mitoyen de l’Hôtel.

 

Source : archives de l'association C.A.I.L.

Escalier d'honneur de l'hôtel CAIL

Source : archives de l'association C.A.I.L.

Descendance de JF CAIL

Autres symboles de sa réussite, le château de LA BRICHE qu’il fait construire sur son domaine, des immeubles de rapport près du Louvre, une propriété à CHEF-BOUTONNE, son pays natal. Il voulait en faire un hospice pour les pauvres de sa commune. Il est devenu l’Hôtel de ville dans lequel l’Association C.A.I.L. à son local.

Château de LA BRICHE                              Source : archives de l'association C.A.I.L.

Hôtel de Ville de CHEF-BOUTONNE                 Source : archives de l'association C.A.I.L.

1869-1871 : Les années tragiques

C’est tout d’abord, moins de deux mois après le mariage de son fils Alfred, la perte de son fils cadet Adolphe en août 1869, pour lequel il fait édifier un tombeau au Père Lachaise.

C’est ensuite l’année 1870 qui débute par la grève à GRENELLE pour « les 6 F, la journée de 10 h et l’abolition du marchandage ». Elle se poursuit par la guerre avec la PRUSSE, la défaite, la chute de l’Empereur et le siège de PARIS. JF CAIL répond à l'appel du Gouvernement Provisoire. Il convertit ses usines en fabriques d’armements (canons, chaloupes canonnières, locomotives blindées, mitrailleuses…) et de production de 300 T par jour de farines pour nourrir les parisiens. Ceci à l’aide des moulins à canne du Khédive d’ÉGYPTE et de 300 meules verticales.

Tombeau de la famille CAIL au Père Lachaise          Source : archives de l'association C.A.I.L.

Fabrication des canons. journal l'Illustration                         Source : archives de l'association C.A.I.L.

Épuisé par le travail, éprouvé par la capitulation de PARIS, l’arrêt de ses ateliers désertés par les ouvriers embrigadés dans les bataillons fédérés de la Commune ou retournés en province. Menacé, il se réfugie aux PLANTS où il s’éteint le 22 mai 1871. Son corps sera transféré au Père Lachaise après la chute de la Commune.

Production de farine. journal l'Illustration                               Source : archives de l'association C.A.I.L.